22.06.2008

Quelque 6.000 poèmes de malhoun collectés

L’Académie du Royaume du Maroc a pu collecter quelque 6.000 «qçaïd» (poèmes) de l’art du malhoun appartenant à de grands poètes marocains


L’Académie du Royaume du Maroc a pu collecter quelque 6.000 «qçaïd» (poèmes) de l’art du malhoun appartenant à de grands poètes marocains, a affirmé, vendredi à Fès, Abbas Jirari, membre de l’Académie. «Un comité élargi composé d’une cinquantaine de chercheurs dans le domaine du malhoun a été mis sur pied pour mener un travail scientifique de collecte, d’archivage et de réalisation d’œuvres du malhoun de grands maîtres ayant marqué par leur apport louable cet art ancestral», a ajouté le conseiller de Sa Majesté le Roi. Et cela lors d’une conférence organisée dans le cadre du 6ème festival de l’art du malhoun autour du thème «Le projet scientifique de l’Académie du Royaume dans le domaine du malhoun ». Au terme d’un travail colossal d’archivage informatique de ces oeuvres, ce comité s’est attelé à répertorier les «qçaïd» collectées sous forme de recueils poétiques (diwanes), a-t-ilexpliqué,  notant que plusieurs diwanes vont ainsi voir le jour, notamment ceux d’ Abdelaziz Maghraoui, Alami, Lmtired, Cheikh Belkbir et bien d’autres. Le diwane de l’éminent poète Abdelaziz Maghraoui est le premier d’une série de recueils poétiques qui seront publiés par l’académie, a-t-il fait savoir. Il a fait remarquer que la réalisation de ces recueils poétiques s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large, celui de « l’encyclopédie du malhoun » laquelle sera enrichie par plusieurs études réalisées par des chercheurs marocains de différentes régions du Royaume. Il a, par ailleurs, mis en relief la contribution des chioukhs, mounchidines et poètes marocains au rayonnement du malhoun, soulignant l’importance d’assurer la transmission de cet art sublime aux générations montantes. Il a appelé, dans ce sens, à ouvrir une branche consacrée à l’étude de l’art du malhoun au conservatoire de musique de Fès.
Abbas Jirari a souligné, d’autre part, qu’un effort doit être déployé dans le choix des poèmes à diffuser par les médias audiovisuels ou lors des festivals, l’objectif étant de permettre au public d’apprécier des œuvres appartenant à des poètes méconnus et traitant de thèmes différents les uns des autres. Le conseiller du Souverain a plaidé, dans ce cadre, pour la sauvegarde du patrimoine culturel marocain en général de manière scientifique, à travers notamment l’encouragement des recherches académiques dans ce domaine. Les autres intervenants ont souligné, quant à eux, que la capitale spirituelle du Royaume, qui fête cette année le 1200-ème anniversaire de sa fondation, a été toujours un centre de réhabilitation et de préservation de ce patrimoine ancestral authentiquement marocain. Auparavant, une exposition de manuscrits, d’ouvrages et de biographies de grands poètes et maîtres du malhoun publiés par l’Académie du Royaume ainsi que des thèses réalisées par des étudiants chercheurs de l’université Sidi Mohammed Ben Abdellah a été organisée à cette occasion. La soirée inaugurale de ce festival, qui connaît la participation de nombreuses troupes artistiques nationales, a été marquée par la présentation d’un montage-documentaire inédit sur l’histoire de cet art sublime intitulé «Aswat Fès Al-Malhounia» (voix du Malhoun à Fès) de l’artiste et critique Abdelmajid Fennich. Initiée autour du thème «Les moyens de préservation du patrimoine marocain», cette édition connaît une programmation aussi riche que diversifiée, comprenant des conférences thématiques et des concerts de groupes de renom venant de différentes régions du Royaume.

 

Par : MAP  (5/5/08)

Source : http://www.aujourdhui.ma/culture-details61529.html

31.05.2008

Bibliothèque itinérante à El Hajeb

25.05.2008

Anthologie de la poésie marocaine

 

Anthologie de la poésie marocaine de l'indépendance à nos jours

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 « L’histoire esquissée ici de la poésie contemporaine au Maroc, matière de la présente anthologie, relève un certain nombre de paradoxes qui, soumis à la réflexion, s’avèrent autant de caractéristiques de son originalité et de sa vitalité. Le plus frappant est son extrême jeunesse si on la compare avec la poésie du reste du monde, celle du monde arabe y comprise. Car la rupture qui s’est opérée au lendemain de l’indépendance, et surtout depuis les années soixante, est tellement forte que, dès qu’on essaye de remonter le cours du temps, on a l’impression que nul fil d’Ariane ne permet de relier la poésie actuelle, résolument ancrée dans la modernité, à celle d’hier, fortement attachée à la tradition [...] Le deuxième paradoxe apparaît mieux si l’on se reporte au contexte politique dans lequel la poésie contemporaine a pris son élan. D’un côté nous avons une parole ne reculant devant aucune audace [...] et, de l’autre, un régime politique qui a vite fait, au lendemain de l’indépendance, de briser l’élan populaire en pratiquant une gouvernance archaïque et brutale [...] instaurant le règne de l’arbitraire pendant plusieurs décennies. C’est là une des originalités de la situation marocaine, qui tranche avec celle qu’ont connue beaucoup de pays arabes régis par des dictatures. En Égypte, Syrie, Irak, Algérie, les régimes fondés sur des idéologies de type nationaliste ou baasiste ont pu créer l’illusion en se prévalant du combat contre le colonialisme ou les féodalités qu’ils ont supplantées. Pour asseoir leur légitimité, ils ont eu recours au terrain des idées, au mythe libérateur, et ont ainsi pu instrumentaliser la culture avec la bénédiction volontaire ou forcée d’une bonne partie des intellectuels. Il en a été tout autrement au Maroc, où le régime se cramponnait à une légitimité fondée plutôt sur l’hérédité, la religion et la tradition. La culture, porteuse d’un projet de libération [...] lui était étrangère et ne pouvait que lui être hostile. On va donc la retrouver tout naturellement dans la contestation [...] Nous pouvons dire avec assurance que les écrivains et intellectuels marocains ont représenté un pôle de désobéissance éthique et de résistance sans faille à l’arbitraire. [...]
Le troisième paradoxe est lié à la profusion des langues dans le champ poétique marocain, ce qui n’a pas manqué de provoquer oppositions et polémiques, somme toute banales si l’on pense à des situations plus ou moins comparables dans de nombreux pays. Au Maroc, par bonheur, si la controverse a pu faire rage, notamment dans les années soixante, [...] il n’y a plus aujourd’hui que le camp passéiste pour essayer de nier aux langues non officielles (l’arabe populaire et le berbère) la réalité de leur fonction en tant que langues nationales, et au français son rôle éminent de langue de culture et d’ouverture. »


Abdellatif Laâbi

 

Auteur : Abdellatif Laâbi 

Editeur : La Différence

Parution : Janvier 2005